Un homme dans la foule, 1957

A face in the crowd

Elia Kazan

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Avant internet, avant Warhol, avant le temps de cerveau disponible, Elia Kazan avait filmé le «Citizen Kane» de la télévision. S’y raconte, comme dans une ballade folk, la destinée d’un quidam se voyant intronisé proto dictateur au rythme de sa starification médiatique.

Moins massif et moins réactif, le cinéma rate souvent la critique du présent, laissant ce privilège à son enfant prodigue des réseaux hertziens ou câblés. Battu sur le terrain de la représentation le vieux cinoche? Jamais.

Il possède une arme qui lui est propre : la mémoire. Il peut ainsi laisser les  autres médias se complaire dans leur auto contemplation pour, de son côté, reprendre les choses à zéro.

Enfant, je ne supportais pas que mes profs de français abusent du terme moderne pour les oeuvres du passé. Modernes Molière ou La Fontaine? Eh bien, enfant, oui!

Moderne donc Kazan qui, dans un film de 1957, contemple notre quotidien télévisuel comme une tragédie biblique. Andy Griffith y joue, avec génie, l’idiot malin enfanté par le peuple américain. A la fois brouillon du Joker et modèle pour Nixon, son Lonesome Rhodes peut se voir comme le double maléfique du pasteur vénal Elmer Gantry que l’on croyait parfois touché par une grâce authentique.

Ici, les marchands du temple ont déjà pénétrés le jardin d’Eden.

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~ par 50 ans de cinéma sur 11 janvier 2013.

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