La chair et le sang, 1985

Flesh and blood

Paul Verhoeven

Après l’étrange «4e homme», Verhoeven pose un premier jalon dans sa conquête de l’Amérique. Ce sera par le biais d’un film d’aventure moyenâgeux au titre programmatique : «Flesh and blood» rien d’autre, le sexe et la violence.

Le cinéaste emprunte la noirceur humaine du western italien et le baroque désespéré du Wu Xia Pian et parvient ainsi à un sommet de barbarie épique qu’aucune tentative d’heroic fantasy n’avait osé espérer.

Le film est violent, trouble. S’y oppose des personnages dont la fourberie constitue le mode de survie. Verhoeven assure le spectacle avec les stimuli afférents (suspens et érotisme) mais n’oublie ni ses origines culturelles (ses plans renvoient régulièrement aux toiles de Rubens ou Jordaens)  ni ses préoccupations intellectuelles (après l’angoisse de l’écrivain face à la religion et la sexualité dans le «4e homme», le cinéaste contemple une humanité tiraillée entre mysticisme et animalité).

Ce faisant, il résume sa filmographie européenne tout en annonçant son oeuvre à venir outre Atlantique. Paul Verhoeven continuera à filmer des chevaliers en armure («Robocop»), des orgies païennes («Showgirls») et des guerres absurdes («Starship troopers»)… mais le sourire moqueur de Rutger Hauer au dernier plan de «La chair et le sang» annonce le profond cynisme avec lequel il observera désormais les tourments humains.

Publicités

~ par 50 ans de cinéma sur 21 novembre 2012.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s