Du rififi chez les hommes, 1955

Jules Dassin

Le cinéma américain aura fait de ses gangsters des créatures mythiques mais leurs exploits ne sont que des pics au milieu d’une discussion fleuve. A quoi reconnaît-on un mafieu américain : au fait qu’il commente sans cesse ses actes. Les classiques sont des pipelettes, les modernes augmentent le débit (Joe Pesci dans tous ses états) jusqu’à ce que Tarantino ne fasse de la procrastination un art à part entière.

Jules Dassin a quitté les Etats Unis à cause de la chasse aux sorcières et gagnera la Grèce par amour. Peut-être fit-il une pause en France  pour se confronter à des personnages pour lesquels le geste l’emporte sur la parole.

«Du rififi chez les hommes» ressemble, en fait bien plus à un film japonais. Véritable antithèse des Audiards movies de l’époque, il saisit par son hiératisme. Dassin filme des hommes au travail, leur outils, leur sueur. A force de réalisme technique et de bruit blanc, il imagine l’une des scènes de casse les plus magnifiquement abstraites du cinéma noir.

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~ par 50 ans de cinéma sur 12 novembre 2012.

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