Indiana Jones et le temple maudit, 1984

Indiana Jones and the temple of doom

Steven Spielberg

Avec «E.T», Spielberg avait déclaré son amitié indéfectible aux orphelins du monde entier (et d’ailleurs). Après le conte de l’apaisement, le cinéaste semble s’être souvenu que l’esprit des moins de 10 ans recèle ses parts d’ombres et que le monde réel n’est pas toujours tendre avec eux.

Il décide alors de sonder leurs cauchemars tout en leur offrant une catharsis contre  les douleurs infligées par les adultes.

C’est son Tintin à lui qui assumera cette mission : après avoir vengé la Shoah, Indiana Jones vengera l’enfance maltraitée. Spielberg lui accole un gamin chinois (qui rappelle évidemment Tchang dans les albums «Le lotus bleu» et «Tintin au Tibet»), le dénommé Demi Lune qui fera office de premier spectateur ravi des aventures de l’archéologue.

Parallèlement, la part féminine de l’aventure sera condamnée au rôle ingrat de dumb blonde (Kate Capshaw arrêtera le cinéma après avoir épousé ce décidément grand pervers de Spielberg). Comme le disais Ian Flemming : les femmes embrouillent tout avec la sexualité… décidément pas le sujet du film qui explore un monde exclusivement pré adolescent.

La grande aventure est lancée, parfaitement maîtrisée. Le réalisateur et son producteur George Lucas (un autre grand enfant) sont des pros qui restent sérieux dès qu’il s’agit de manipuler de coûteux jouets et n’oublient jamais le cinéma qu’ils ont aimé dans leur propre enfance.

«Indiana Jones et le temple maudit» est donc une machine virtuose, puissante et rapide qui englobe Jules Verne, le fantôme du Bengale, Tarzan, Zorro et les sériels fauchés des années 20…

Toutefois, le film vaut mieux que la jouissance émerveillée qu’il procure.

Nous nous en rendrons compte quelques années plus tard. Durant la promotion de «Indiana Jones et la dernière croisade», Harrison Ford et Steven Spielberg présenteront ce troisième épisode comme une excuse par rapport au précédent. Un malaise nous saisit qui ne disparaîtra pas lorsque durant le métrage nous verrons Indiana Jones quêter piteusement l’attention de son père.

Reviennent alors en mémoire les grottes et labyrinthes où étaient retenus les enfants esclaves du temple maudit, ainsi que des débordements gores et jouissifs (Ah les cervelles de singes! Ah les sacrifiés brûlés vifs! Ah le coeur arraché à la main!) qui ont motivé la pauvres contrition des artistes.

Au début des années 80, Spielberg n’avait pas besoin  de tunnels de dialogues pour se livrer à la psychanalyse des contes de fée. Il n’était pas encore père et alors entièrement du côté de son public.

C’est vrai qu’en grandissant on a parfois honte de ses bêtises d’enfance… mais on regrette aussi de ne plus pouvoir les faire… non?

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~ par 50 ans de cinéma sur 24 octobre 2012.

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