Le policier, 2012

Hashoter

Nadav Lapid

Après les films de guerre métaphysiques « Kippour », « Beaufort » et « Lebanon », après le cauchemar halluciné « Valse avec Bachir », le cinéma israélien maintien la barre des grands films de genre détournés.

Si « Le policier » relève du théâtre avant-gardiste comme du documentaire social, c’est avant tout un incroyable film d’action refusé.

Comme son héros, cowboy du GIGN local, guerrier surpuissant condamné au surplace, pater virilis réduit à l’impuissance et au voyeurisme, le film de Nadav Lapid enroule les spirales de violence, de chaleur et de colère, sans jamais laisser place à la catharsis.

2 blocs narratifs s’enchaînent.

Première partie : des flics musclés se frappent sur les épaules comme autant de signes de reconnaissance spartiates. Le malaise est accentué par la maladie de l’un des leurs. Au milieu des Goliaths, un corps souffre.

Seconde partie : des jeunes gens bien mis tirent au revolver dans le désert jusqu’à incendier un arbuste desséché. Le message de ce buisson ardent est celui de la révolution. Les jeunes gens projettent une action terroriste afin d’alarmer leurs concitoyens prisonniers d’un univers capitalo belliciste.

Entre les rituels des 2 groupes, se dévoile, par fragments, une société en guerre non pas contre l’extérieur, mais avec elle-même.

Les 2 blocs ne semblent pas appartenir au même film jusqu’au troisième acte durant lequel les terroristes terrorisent et les forces d’intervention interviennent.

Jusqu’ici, « Le policier » impressionne par sa parfaite géométrie spatio temporelle. Puis dans un dernier plan glaçant qui relie 2 regards qui ne se comprennent pas, il crée la faille qui ne nous quittera plus jamais.

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~ par 50 ans de cinéma sur 7 septembre 2012.

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