Le loup-garou de Londres, 1981

An american werewolf in London

John Landis

Loup garou de Londres American werewolf in London

John Landis, est un ami! Un homme chaleureux et drôle. Hyper cultivé mais jamais prétentieux, il se montre toujours généreux en anecdotes et en digressions cinéphiliques brillantes. D’ailleurs, il est copain avec Joe Dante, qui est aussi un ami, pour les mêmes raisons.

Comme le propre de l’amitié, c’est de se dire les choses avec franchise, on avouera, un peu gêné, à John Landis que si on passerait des nuits entières à l’écouter parler d’Alfred Hitchcock ou de William Castle, on a souvent estimé que ses propres films n’étaient pas à la hauteur.

Je ne voudrais pas paraître bégueule John, mais vos comédies camp ne m’arrachent, la plupart du temps, que quelques sourires las. C’est sûr, « Les Blues brothers », c’est sympa, « Un fauteuil pour 2 » très sympa, « Drôles d’espions » déjà moins. Si je me permets de vous dire cela, c’est que je sais que vous valez bien mieux qu’un yesman pour Eddy Murphy ou Chevy Chase (dans ce registre c’est Michael Jackson qui s’est révélé le meilleur mécène en vous commandant le clip-génial- de son « Thriller »). Si je me permets de dire que vos films sont décevants, je m’empresse d’ajouter : sauf votre film de loup-garou et votre film de vampire !

En effet, la beauté de « Innocent blood » en 93 viendra, tardivement, confirmer que les espoirs placés dans « Le loup-garou de Londres » n’étaient pas vains. Lorsqu’il se donne la peine d’insuffler sa sensibilité de cinéphile au milieu de ses habituelles gaudrioles, John Landis se fait alors grand cinéaste.

L’homme souffrirait-il du syndrome Mario Bava, collectionnant les projets les plus improbables, scénarii débiles et castings éventés afin de cacher un talent qui le terrifie ?

Symptomatiquement, son premier chef d’œuvre est un film à plusieurs facettes basé sur une histoire de dédoublement de personnalité et d’inconscient refoulé. Autrefois flemmard invétéré, Landis réussit cette fois sur tous les plans. Conservant son fond potache, il caviarde son film de scènes hilarantes et de gags en fond de plan. Pourtant, le film d’horreur n’est jamais alourdi par ces saillies drolatiques et le cinéaste assure, parallèlement, dans d’authentiques moments de terreur que lui permettent des effets spéciaux innovants (la transformation, grand classique dû au génie de Rick Baker, un ami aussi).

La grande intelligence du cinéaste est de s’attacher en premier lieu à ses personnages. De sympathiques branleurs, tout droit sortis d’une de ses précédentes  comédies (ou, plus perversement les spectateurs types de ces dernières) se trouvent plongés dans une tragédie gothique où leurs réflexes pop ne leur seront d’aucun secours. Ces héros, pas vraiment taillés pour le drame, se révèlent alors extrêmement émouvants.

L’ultime réussite de Landis est ainsi de faire du « Loup-garou de Londres », avant tout, une histoire d’amour impossible et d’amitié perdue. C’est à dire ce que sont profondément les meilleurs films d’horreur : de grands drames humains.

Ici, avec des gags et du sang !

Publicités

~ par 50 ans de cinéma sur 29 juillet 2012.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s