Gummo, 1999

Harmony Korine

Il y a ceux qui réalisent des films monde, ceux qui construisent un monde de film en film… Harmony Korine a construit un monde puis en a fait un film. « Gummo » ne pourrait donc n’avoir d’autre prétention que d’être une visite guidée, un tour du propriétaire chez le jeune artiste. Mais Harmony Korine est un génie, un vrai, c’est à dire fou et imprévisible. De plus, en préparant « Gummo », il n’en était pas tout à fait encore conscient.

Sa première réalisation est donc un cauchemar halluciné au pays des freaks, dans l’arrière cour que Lynch n’avait pas osé visiter. Sans aucun doute l’univers de son auteur. Ce dernier révère Werner Herzog, et il est vrai que la seule oeuvre à laquelle fait penser « Gummo » est « Les nains aussi ont commencé petit ».

Comme son mentor, Korine flirte plus d’une fois avec le voyeurisme et la poésie minable, mais rien à faire, c’est un génie. Alliant le délire d’un Gregg Araki avec la rigueur d’observation d’un Frederick Wiseman, il crée, directement sous nos yeux ahuris, le cinéma d’un autre monde.

 
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~ par 50 ans de cinéma sur 20 juin 2012.

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