Le jour de l’éclipse, 1988

Dni zatmeniya

Alexandre Sokourov

Alors que nous attendions pour entrer dans la salle de cinéma, un couple s’est aperçu qu’il s’était trompé de film, ayant pris des billets pour une comédie familiale. Sourires entendus des autres spectateurs dans la file d’attente, un monsieur me confia pour Sokourov, il faut être prêt, quand même!

Etais-je prêt moi-même? Pas vraiment si je me référait à la langueur de «Mère et fils» ou  à l’épuisante érudition de «L’arche russe».

«Le jour de l’éclipse» commence et sa photo jaunâtre recouvre l’audience prête ou pas à la recevoir. Des enfants hagards errent dans un paysage extra-terrestre d’Asie centrale, tandis qu’un jeune médecin s’enlise dans une mission qu’il pensait autant dictée par Hippocrate que par Stakhanov.

Comme si Youri Gagarine s’était échappé de la capsule de «Solaris», le jeune homme s’habitue doucement à la folie de sa solitude. Les lézards seuls répondent à ses politesses. La poussière soufrée l’absorbe jusqu’à ce que sa chevelure blonde se confonde avec l’horizon.

De médecin, il deviendra ethnologue de l’espace pour étudier les hommes, créatures à l’étrangeté inaltérable.

Qui pouvait se préparer à ce voyage vers l’infini, vu à travers l’oeil d’un reptile?

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~ par 50 ans de cinéma sur 19 mai 2012.

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