Le château de l’araignée, 1957

Kumo no sujo

Akira Kurosawa

Il semble qu’à une époque, les critiques japonais s’adressaient à leurs confrères occidentaux en leur parlant de votre Kurosawa. Comme si le sensei était devenu le représentant d’un espéranto cinématographique, voir un opportuniste tentant de rallier Hollywood.

Il est vrai qu’en sa fin de carrière, le cinéaste a trouvé le soutien auprès de bonnes âmes russes (Mosfilm investira dans « Dersou Ouzala »), française (Serge Silberman pour « Ran ») et américaines (Lucas et Coppola pour « Kagemusha »), alors que les bailleurs de fond nippons le méprisaient.

Il est également vrai que ses polars n’auraient pas départi dans le catalogue Warner et que ses influences s’éloignent régulièrement de l’archipel. Ainsi Kurosawa puise chez Gorki (« Les bas fonds »), Dostoïevski («L’idiot») et donc Shakespeare.

Pourtant, à voir cette adaptation de « Macbeth », on se dit que le dramaturge était peut-être lui-même un peu japonais (comme « Ran » le confirmera en travestissant « Hamlet » d’une armure de samouraï).

Les kwaidans font de très acceptables sorcières et les shoguns connaissent les désarrois de tous les princes dont les royaumes ont quelque chose de pourri.

Pour la représentation, il s’agira de terrifier avec l’invisible et d’émouvoir avec la douleur des monstres. Cela relève de la grande mise en scène, celle universelle des grands cinéastes et donc bien du domaine du sensei Akira Kurosawa.

 
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~ par 50 ans de cinéma sur 9 avril 2012.

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