Coeur de Lilas, 1932

Anatole Litvak

C’est une étrange période. Le cinéma se regarde parler  et ne semble pas encore en revenir, tel une prude jeune fille entonnant des chants licencieux.

L’Europe aussi n’en revient pas de ses soubresauts. Pour l’heure, ce sont les russes qui traversent le continent fuyant la révolution de la grande nation. Plus tard, les germanophones prendront le même chemin.

Avant d’embarquer pour Hollywood, l’ukrainien Anatole Litvak fait quelques film en France. Ce sera l’occasion d’insuffler l’esprit de Dostoïevski chez Marcel Aymé.

A ce cinéma français si français, aux bon mots et aux comédiens popus, le cinéaste apporte l’absurde grinçant de l’Est ainsi que la mélancolie des désillusionnés d’Odessa.

Ce «Coeur de Lilas» contient des airs de bal musette et des vues de Ménilmontant mais prend des allures de krimis poisseux que n’aurait pas renié le Fritz Lang de «M le maudit». Au milieu, Jean Gabin prend des airs torves qui font regretter qu’il n’ait pas plus interprété les méchants.

Fréhel et Fernandel ont beau se donner du mal, derrière le cri muet des ombres, on jurerait entendre une version desséchée de la complainte de Mack the knife.

Publicités

~ par 50 ans de cinéma sur 10 novembre 2011.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s