La chambre du fils, 2001

La stanza del figlio

Nanni Moretti

Même s’il a donné à Asia Argento une baffe qu’elle ne lui pardonnera jamais, j’ai toujours gardé une tendresse pour Nanni Moretti. Pour sa cinéphilie maniaque, pour son personnage de poète amer et surtout parce qu’il a pratiquement incarné la seule raison de continuer à croire au cinéma italien durant les terribles années 80.

Tout de même, je ne faisais pas partie des inconditionnels de ses autofictions. A force de micros récits, d’amorces de films, Moretti donnait l’impression de compiler ses projets avortés. De même, la manière dont les journalistes l’ont érigé en figure anti berlusconnienne ne risquait-elle pas, malgré l’admiration légitime suscité par cette posture, de faire passer le cinéaste au second plan ?

« La chambre du fils » contient peut-être ces questionnements en creux. Il s’agit d’un mélodrame profond et douloureux, pourtant parcouru d’une grande douceur. Un psychanalyste perd son fils, nous assistons à l’impossible reconstruction de sa famille après ce drame. Ce fils absorbé par l’océan pourrait représenter le cinéma, objet chéri mais si familier qu’on oubli le risque qu’il disparaisse. Moretti s’est fait peur, mais il nous a prouvé qu’il n’était pas prêt de perdre sa passion envers le 7e art.

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~ par 50 ans de cinéma sur 1 novembre 2011.

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