Los Olvidados, 1950

Luis Bunuel

Aux curieux qui l’interrogeaient sur son rapport à la religion, Luis Bunuel répondait imperturbablement : je suis athée, c’est très simple.

Si l’on imagine mal, en effet, que «Viridiana» soit projeté au Vatican, la situation semble tout de même un peu plus compliquée.

Bunuel est facilement associé à d’autres cinéastes inspirés (torturés) par le catholicisme, de Pasolini à Scorsese. Culpabilité et refoulement, sacrifice et stigmate, pardon et éternité innervent des oeuvres parfois très éloignées. Don Luis a toujours porté un regard ironique sur ces tourments et n’entretient aucune fascination avec les rituels. Pourtant, la religion est bien présente, souvent pour le pire lorsqu’il s’agit de ses dogmes et de son influence politique, parfois avec une ambiguïté que l’on souhaite retourner au cinéaste.

Les gamins en haillons de Mexico sont des damnés de la Terre que le réalisateur filme sans complaisance et sans déterminisme. Ce n’est pas la jeunesse bouillonnante, ni l’exploitation capitaliste qui l’intéressent, mais la représentation d’un monde atroce qui n’offre souvent que la mort comme libération. Bunuel raillait les fidèles pressés dans des églises dont le toit s’écroule.

«Los Olvidados» est bien cela : le constat froid d’un monde sans Dieu.

Très simple, en effet, mais devant l’empathie pour ses jeunes personnages, on jurerait qu’il le regrette.

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~ par 50 ans de cinéma sur 4 septembre 2011.

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