Bonjour, 1959

Ohayo

Yasujiro Ozu

Parmi les chefs d’oeuvres d’Ozu, je ne place que ce film mineur. Sans doute parce que le maître m’a toujours intimidé (comme son compatriote Mizogushi d’ailleurs). Je ne m’amuserai pas à railler son hiératisme, je reconnais la splendeur de « Printemps tardif » ou « Herbes flottantes » et comme mes profs de cinéma, je cherche le plan avec le train qui passe… Si la perfection veut dire quelque chose en terme de mise en scène, on pourrait la définir par les 3 lettres composant le nom du maître japonais.

Pourtant, comme chez  Jacques Tati, je reste quelque peu pétrifié face au monument.

Pas devant « Bonjour ». Dans ce film de fin de carrière, la scénographie reste savante mais discrète. Ozu est à hauteur d’enfant et livre un grand film serein qui questionne de manière ludique la ou les forme(s) des oeuvres qui l’ont précédé.

Les gamins de Tokyo s’étonnent puis s’insurgent devant les conventions sociales qui régissent les relations adultes. Avec douceur, Ozu les accompagne dans la compréhension de ce monde obscur. Une tendresse triste marque son regard devant l’inévitable nécessité de ces rites et codes sans lesquels la vacuité du monde n’apparaîtrait que plus cruellement. Lui-même en a fait sa vie, reformulant l’univers pour en faire des compositions parmi les plus belles du 7e art.

 

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~ par 50 ans de cinéma sur 15 août 2011.

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