La rivière, 1997

He liu

Tsai Ming-Liang

Où l’on a rencontré le très étrange Tsai. Le grand chantre des eaux, le fétichiste des liquides, le collecteur des émanations corporelles. Son dernier film lève le masque, il s’appelle « La rivière ».

Après la tristesse planante des « Rebelles du dieu néon » et de « Vive l’amour », le cinéaste s’enfonce dans des zones d’ombre aux frontières du fantastique. Il faut dire que dès la première séquence, nous souffrons pour l’acteur Lee Kangh-Sheng, sommé par un metteur en scène cruel de plonger dans les méandres charbonneux de ladite « Rivière ».

Si la mise en scène est toujours magiquement fluide (ce qui coule de source) elle se charge d’une inquiétude nouvelle. Tsai explore une famille malade et ne lui épargne aucune névrose. Le fleuve était contaminé, personne n’échappera au drame.

Avec sa distance ironique habituelle, le cinéaste s’essaie au film d’horreur calme. Il en a les moyens, parvenant à clouer une salle entière à partir du crissement d’un rouleau de papier hygiénique censé absorber une tâche de sperme.

Quand on y pense, Tsai Ming Liang était bien le mieux placer pour nous donner des sueurs froides.

 

 

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~ par 50 ans de cinéma sur 12 juillet 2011.

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