Scarface, 1984

Scarface
Brian De Palma

C’est l’un des meilleurs boulots d’Oliver Stone. Scénariste, il parvient à retravailler le classique « Scarface » d’Howard Hawks, chef d’oeuvre inattaquable s’il en est. Stone réussi à affiner l’intrigue tout en conservant sa dimension mythique, et surtout, l’adapte brillamment à un contexte contemporain. Soit l’immigration massive en provenance de la Cuba castriste dans les années 60. Mythologie + sous texte politique fort, bon boulot donc !

Je me demande quelle fut sa réaction en constatant que le metteur en scène De Palma et la star Pacino prirent soin de salir ce travail d’orfèvre. Le premier filme son scripte comme s’il s’agissait d’une série B d’horreur et le second se livre à un cabotinage éhonté (l’un des plus impressionnant dans une carrière déjà peu marquée par la sobriété).

Pourtant, plus que jamais, le scénario de Stone reste la colonne vertébrale indispensable pour que s’épanouisse le génie de De Palma et Pacino. La tragédie antique est traversée de pulsions inavouables et le héros devient l’incarnation physique de ses tourments.

Un cinéaste filme contre son scénario, un acteur joue contre son metteur en scène pour aboutir à un puissant chaos maîtrisé.

(voir aussi Body double, 1985 et Outrages, 1990)

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~ par 50 ans de cinéma sur 10 mai 2011.

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