Heaven’s Gate, La porte du paradis, 1981

Heaven’s gate

Michael Cimino

La légende est connue et nous autres, cinéphiles, l’apprécions particulièrement.

C’est l’histoire d’un jeune cinéaste mégalo qui tenta de réaliser une oeuvre titanesque et se fera détester par l’Amérique entière, l’histoire d’un artiste intransigeant qui brisera sa carrière en accouchant d’un monstre, l’histoire d’un héritier des pionniers de Hollywood qui entraîna dans sa chute le studio créé par David W. Griffith…
De cette légende, on aime aussi les à côté : la prairie repeinte à la bombe car pas assez verte, Mickey Rourke coupé au montage, Cimino se faisant construire un ranch aux frais du studio…

Longtemps, j’ai aimé cette légende de loin, sans avoir vu « Heaven’s gate ». Je craignais que la légende soit plus belle que le film, lequel se présentait comme un monument intimidant. Par ailleurs, je n’ai jamais entretenu de fascination pour l’auteur. La filmographie de Michael Cimino m’est parvenue dans le désordre. J’ai découvert « La maison des otages » et « Sunchaser » avec consternation et culpabilité, alors que l’ensemble des critiques français se réjouissaient du miracle de pouvoir voir un nouveau film du cinéaste désormais maudit.
Les premières oeuvres m’ont semblé surévaluées : « Le canardeur » honnête série B, « Voyage au bout de l’enfer » (le film de la gloire) ne me laisse qu’un souvenir brumeux avec une désagréable impression de complaisance.
Alors pourquoi placer Cimino aux côtés des plus grands ? Pour 2 polars hargneux et puissants, « L’année du Dragon » et le « Sicilien » ?
Pour les cinéphiles français, le cas Cimino ne tourne qu’autour d’un seul film, celui que les Etats-Unis ont conspué.
Longtemps, je m’en suis tenu éloigné, prenant pour prétexte qu’il fallait le voir dans des conditions optimum. La dernière fois que je l’ai raté en salle, l’exaspération m’a fait sortir une VHS de sa poussiéreuse pochette.
Les journalistes rock reconnaissent souvent les grands albums au fait qu’ils s’écoutent aussi bien sur vinyle craquelé que sur platine laser au son DTS.
La même évidence m’a sauté aux yeux. Le support rendait fort peu grâce au travail des techniciens, pourtant la puissance de « Heaven’s gate » m’a tétanisée avec évidence.
C’est donc bien ce grand film sur un génocide entre blancs, écho moderne de « Naissance d’une nation » ! Un autre grand film que l’Amérique a du mal à regarder !

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~ par 50 ans de cinéma sur 22 mars 2011.

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