Buffet froid, 1979

Buffet froid
Bertrand Blier

Cinéaste étrange, profondément torturé derrière son petit théâtre à la provo facile, Blier fait parler son inconscient dans le méta film de sa carrière.
Il n’est plus vraiment question ici de misogynie mais de phobie pure et simple. La femme n’est plus un vide-couilles encombrant (« Les valseuses »), une race à conquérir pour la dominer (« Calmos ») ni même une galaxie lointaine à laquelle on ne comprendra jamais grand chose (« Préparez vos mouchoirs »).
Aujourd’hui, elle devient un objet de peur. Sorcière psalmodiante, ogresse mettant le couteau du meurtre dans le lave vaisselle ou même représentation de la mort, le danger vient d’elle.

Cette répulsion a motivé le pire chez Blier (l’impardonnable « Calmos »). En avouant la part d’angoisse de ses postures machiste et en imaginant (pour cette fois) un projet de cinéma plus vaste que choquer le bourgeois, il passionne et se rapproche de l’absurde sombre de Bunuel.

Et « Buffet froid » de devenir un survival schizophrène pour son trio vedette. Depardieu, Carmet et Blier deviennent des personnages d’Audiard perdus chez Kafka, 3 Dupond-Lajoie attendant Godot… qui viendra finalement, sous les traits de la sublime Carole Bouquet.

Nos pires cauchemars sont les plus séduisants !

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~ par 50 ans de cinéma sur 20 février 2011.

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