Le boucher, 1970

Le boucher
Claude Chabrol

Jean Yanne versus Claude Chabrol et Paul Gegauff, acte II.

Avec un tel titre, se présage un nouveau portrait de monstre poujadiste. Yanne est bien tel qu’en lui-même, massif et rocailleux. Il impose sa grosse voix, ses pattes poilues et son embonpoint.

Pourtant, les auteurs décident de l’emmener ailleurs. Si « Que la bête meurt » nous expliquait quelque chose, c’est bien que l’on expliquerait jamais le mal! Ne reste plus, semble-t-il, qu’à se perdre dans la contemplation de son mystère.

« Le boucher » est un film paradoxalement désincarné. Chabrol orchestre avec délicatesse la rencontre de la trivialité française avec le fantastique anglo-saxon, le populisme ORTF et l’expressionnisme de son maître Fritz Lang.

Entre la sexualité frustrée de l’institutrice et les pulsions du boucher, le réalisateur se permet des séquences quasi oniriques comme ce goûter d’enfants durant lequel il pleut du sang.

« Le boucher » : un conte du refoulement où le monstre est un animal fragile.

(voir aussi Que la bête meure, 1969 et Docteur Popaul, 1972)

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~ par 50 ans de cinéma sur 11 septembre 2010.

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