Body double, 1985

Body double
Brian De Palma

Comme Argento avait atteint le sommet de sa filmographie l’an dernier, Brian De Palma explore des frontières qu’il n’avait jamais défrichées.

Les 2 corps du titre sont « Fenêtre sur cour » et « Vertigo ». Le cinéaste prend un plaisir brutal à dévoiler ce qui restait suggestif chez Hitchcock. Le voyeur ne sera plus un innocent immobilisé tombant par hasard dans le jeu des regards mais un obsédé sexuel qui branche son télescope directement sur la chambre des voisins. L’amoureux éperdu recherche la femme fantasmée et la retrouve… en devenant acteur de porno.

A la fin de « Blow out », John Travolta, désespéré, utilisait le cri de mort de sa bien aimée comme bruitage pour une comédie gore débile. Ici, De Palma aurait-il atteint le point de non-retour du cynisme ?

Voir ! Car l’homme est un écorché vif qui s’est juré de continuer à filmer après la mort du cinéma. Cette mort, il en crée le simulacre en profanant les chef d’oeuvres de son maître. Il se met alors au défi de faire de cet acte obscène, un ultime geste de cinéma.

« Body double » est un film trouble et déchirant qui ne tranche jamais entre perversité et innocence. C’est également, un exercice brillant dans lequel De Palma livre quelques-unes unes des plus belles scénographies de sa carrière, grâce à une caméra qu’il sait rendre aérienne comme personne.

Après avoir tout dit, il ne reste que les images !

(voir aussi Scarface, 1984 et Outrages, 1990)

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~ par 50 ans de cinéma sur 29 août 2010.

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