Le mariage de Maria Braun, 1979

Die Ehe der Maria Braun
Rainer Werner Fassbinder

Le domaine de la lutte ne cesse de s’étendre. Le paria furieux des années 70, est en passe de prendre la place de cinéaste officiel de l’Allemagne, reconnaissance internationale oblige.
La mue de son cinéma n’y est pas pour rien. Depuis quelques années, Fassbinder avoue son allégeance au classicisme hollywoodien et à Douglas Sirk en premier lieu.
Assagi, l’auteur des terrifiants « Martha » et « Les larmes amères de Petra Von Kant » ?

Rainer se retrouve, en fait, dans une position proche de celle de François Truffaut, en France. Un cinéaste tellement préoccupé par son indépendance qu’il se retrouve au centre de l’industrie.
Bientôt Daniel Toscan Du Plantier lui proposera de le produire pour Gaumont, le studio le plus conservateur d’Europe !

Mais on n’apprivoise pas le Diable ainsi. Fassbinder fait ce qu’il veut ! Sa rage est un moteur qu’il ne saurait plus contenir lui-même.
S’il s’inspire des plus beaux mélos de l’âge d’or américain, c’est pour travestir des drames terribles, animés par les pulsions les plus immondes, celles des pauvres humains. Il peut donc, sans complexe, mettre en scène avec faste et montrer à un public nombreux la face sombre de la reconstruction allemande.

« Maria Braun » fera le tour du monde, mais elle n’en est pas moins que la dernière salope née du cerveau de Rainer Werner Fassbinder.

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~ par 50 ans de cinéma sur 10 août 2010.

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